Science sans conscience Vendredi 5 septembre 2008

Introduction

On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.
Abraham Lincoln

Je suis docteur en sciences. J'ai commencé à travailler à l'Université Laval le 20 mars 1995 comme chargé de recherche au département de génie chimique. Six semaines plus tard, mon contrat a été révisé de façon unilatérale et à mon insu par le professeur Christian Roy qui m'a engagé sans transition dans une de ses entreprises privées, l'Institut Pyrovac au sein de l'Université Laval. Ce changement d'employeur opportuniste n'a affecté en rien mes activités professionnelles. J'ai conservé le même bureau au département de génie chimique. J'ai poursuivi sans interruption les travaux déjà entamés, dans le même cadre et avec les mêmes objectifs. Pris au dépourvu et sans solution de rechange, car je venais de m'établir au Québec avec ma famille, je n'ai eu d'autre choix que de me contenter de la situation de fait qui m'était imposée.

J'ai été trompé, mystifié et manipulé. Le niveau des recherches du professeur Christian Roy sur la pyrolyse sous vide était lamentable. En avril 1995, le journal Le Soleil a publié une série d'articles musclés dénonçant les activités controversées du professeur Christian Roy, qui exploitait diverses entreprises à partir de son bureau au département de génie chimique, confondant allègrement ses activités universitaires et privées. L'Université Laval a une très grande part de responsabilité dans ce dossier.

En mars 1999, j'ai fait part de mes craintes à une collègue de travail des implications d'une participation involontaire à une escroquerie. Mes propos ont été rapportés au professeur Christian Roy, qui a considéré que je représentais un danger pour lui. Selon ses propres termes, le professeur Christian Roy m'a réservé un « traitement de cheval ». J'ai été harcelé de façon ignoble. Le désarroi et l'épuisement m'ont plongé dans une dépression profonde. Le harcèlement était si intense que je ne pouvais plus travailler. J'ai été congédié illégalement alors que j'étais en congé de maladie. Anéanti par la prise d'antidépresseurs et d'anxiolytiques, je n'ai pas été capable de réagir avec efficacité et célérité. J'ai très mal supporté les antidépresseurs et j'ai souffert de leurs effets secondaires. Le sevrage des antidépresseurs a été long et très pénible. Le traitement prolongé aux anxiolytiques a conduit à une forte dépendance physique ainsi qu'à des réactions paradoxales.

Contractuellement, l'assurance-salaire a mis fin aux versements compensatoires en mars 2001. Il ne m'a été accordé que six mois de chômage. Ayant épuisé toutes mes ressources financières, j'ai été contraint de m'inscrire à l'Aide sociale en octobre 2001.

J'ai essayé de faire valoir mes droits avec dignité et honnêteté auprès des responsables de l'Université Laval. Toutes mes tentatives n'ont abouti à rien. En désespoir de cause, je me suis enchaîné le 18 mars 2002 dans l'agora du pavillon Alphonse Desjardins à l'Université Laval pour affirmer publiquement ma détermination et dénoncer des dysfonctionnements graves dans cette université. Cela n'a pas suffi. Les forces étaient inégales et mes moyens étaient insuffisants pour poursuivre.

Je me suis retrouvé à la rue avec ma femme et mes trois enfants le 30 juin 2002. Après deux mois, la situation était devenue intenable. Nous avons quitté le Québec pour nous réfugier dans notre famille en Belgique. Le départ s'est fait dans la précipitation. Nous sommes arrivés en Belgique le 2 septembre 2002. Nous avons tout perdu. Le préjudice est immense. Ma carrière est brisée. Ma santé est toujours problématique.

En décembre 2004, une trentaine de policiers ont perquisitionné dans les laboratoires et dans les bureaux du professeur Christian Roy au département de génie chimique à l'Université Laval.

Le professeur Christian Roy a été congédié à la fin du mois d'août 2005.


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